ZHUANG ZI

 

Sur Zhuang Zi :

Zhuāng Zǐ  莊子 est la transcription en pinyin. On trouve souvent d'autres transcriptions comme Tchouang Tseu mais il s'agit bien du même personnage et des mêmes oeuvres qui lui sont attribuées.

 

Les livres de Jean-François Billeter sont particulièrement intéressants. Ce sinologue a un sens de la traduction vraiment formidable, qui rend accessibles des textes souvent difficiles. Son point de vue sur la Chine - mais aussi sur le monde - tranche quelque peu avec les habituelles considérations de spécialistes ou de journalistes...

  • Jean-François Billeter : Leçons sur Tchouang-tseu, éditions ALLIA

Dans ces cinq leçons prononcées au Collège de France sur l'œuvre de Tchouang-Tseu, figure tutélaire de la pensée taoïste, Jean-François Billeter, en partant chaque fois du texte même, qu'il traduit de façon scrupuleuse et sans a priori philosophique, parvient à faire émerger le sens d'une pensée qui n'a rien d'abscons, déconcertante parfois mais toujours précise et profonde.

160 p. 8e éd.

Citation:
"Je m'inscris donc en faux contre une sorte d'accord tacite que les sinologues paraissent avoir établi entre eux. Le texte serait si difficile, son état si problématique, la pensée qui s'y exprime si éloignée de la nôtre que ce serait de la naïveté ou de l'outrecuidance de prétendre le comprendre exactement. Mon intention est de briser ce préjugé. Je ne le ferai pas en essayant d'imposer une lecture particulière, mais en exposant comment je m'y suis pris pour tenter de comprendre le Tchouang-tseu, en présentant quelques résultats que je tiens pour acquis, mais en faisant aussi état de mes doutes et des questions que je me pose. Je souhaite donner une idée des découvertes que l'on fait quand on entreprend d'étudier ce texte de façon à la fois scrupuleuse et imaginative."

  • Jean-François Billeter, Etudes sur Tchouang Tseu, éditions ALLIA

"Tchouang-tseu est le plus remarquable des philosophes chinois. On ne sait pas grand-chose de sa personne. Il est probablement mort vers 280 avant notre ère. Nul ne sait très bien quelle part lui attribuer dans l'ouvrage qui porte son nom et qu'on appelle "le" Tchouang-tseu. Cet ouvrage réunit des textes de Tchouang-tseu lui-même et d'auteurs anonymes qui ont été proches de lui, se sont inspirés de lui après sa mort ou ont été associés à son nom par la suite. L'ouvrage n'est pas gros, il est un peu moins long que les quatre Evangiles. C'est un classique : un ouvrage qui a été beaucoup lu, cité et commenté au cours des siècles, mais aussi mal lu et mal compris, ou compris selon des préjugés qui n'ont plus de raison d'être aujourd'hui. Je me suis efforcé de l'aborder d'un regard neuf. Au seuil de ce livre, le lecteur me demandera peut-être de lui dire quelle sorte de philosophe est Tchouang-tseu. Je ne peux pas répondre parce que je ne puis le classer dans aucune catégorie connue. Il faut que le lecteur voie et juge par lui-même."

304 p. 2e éd. revue.

Citation:
"L'action doit avoir un but précis, sinon elle se divise, elle se brouille, elle tourne mal et cause à la fin des dégâts irréparables. Les sages d'autrefois gardaient en eux le ressort de l'action, ils ne le laissaient pas à d'autres. Tant que tu n'es pas sûr de le détenir, ne te mêles pas de mettre fin aux méfaits d'un tyran !" (Tchouang-tseu)

Tchouang Tseu, éditions ALLIA

  • Jean Lévi, Propos intempestifs sur le Tchouang-Tseu, éditions Allia

Jean Levi est né à Paris en 1948. Sinologue, spécialiste du taoïsme, il s'est intéressé aussi aux théories politiques et à la réflexion stratégique dans la Chine ancienne. Il est l'auteur de romans, d'essais et de nombreuses traductions, notamment celle du Huainanzi dans le volume de la Pléiade consacré aux philosophes taoïstes.

"Pince-mi et Pince-moi sont dans un bateau...", la phrase qui ouvre ces Propos intempestifs donne le ton de l'ouvrage : libre voyage à travers cette œuvre inépuisable qu'est le Tchouang-tseu, où par le détour de fables, de paraboles, de dialogues, se développent tous les grands thèmes de la philosophie universelle. Deux apologues, "le meurtre de Chaos" et "la révolte des singes", servent de point de départ à une réflexion à la fois philosophique et politique, pour laquelle Jean Levi fait appel à d'autres passages du Tchouang-tseu, mais aussi bien aux penseurs occidentaux comme Machiavel, Bergson ou Levinas, et même aux films de kung-fu.

 

  • Une émission de France Culture consacrée à Zhuang Zi :

 La vidéo disponible sur dailymotion n'est plus accessible ! C'est vraiment dommage car cette émission constituait une bonne introduction à la lecture de Zhuangzi. Voici toutefois un lien qui donne les références de ce programme radiophonique : ici

Une autre émission radiophonique intitulée Du jour au lendemain, toujours sur France Culture, Alain Veinstein reçoit Jean-François Billeter :  Du jour au lendemain.

 

 

 

  • Oeuvres de maître Tchouang, traduction de Jean Lévi, éditions de l'Encyclopédie des Nuisances

 

Une édition revue et augmentée vient de paraître, comportant en annexe "des textes pouvant servir à éclairer les problèmes que posent la compréhension et la traduction d'une telle oeuvre. Il s'agit en particulier du compte rendu de cet ouvrage publié par Jean-François Billeter dans la revue savante Etudes chinoises, ainsi que d'un échange de lettres entre celui-ci et Jean Lévi, où ils discutent de leurs conceptions parfois divergentes de la tâche du traducteur. C'est pour eux l'occasion d'aborder divers points concernant aussi bien le taoïsme et l'histoire de la Chine que les théorisations arbitraires, mais fort en vogue, d'un François Jullien." Editions de l'encyclopédie des nuisances.

 

  • Romain Graziani, Fictions philosophiques du Tchouang Tseu, éditions Gallimard, collection l'infini.

 

Voici un ouvrage qui m'a laissé une très bonne impression. Romain Graziani nous livre une analyse très fine et subtile des textes du Zhuangzi. La mort, la vie, les animaux, l'amitié, le rapport aux rites et conventions, l'enseignement, le langage, etc., tous ces thèmes que nous retrouvons dans l'oeuvre de maître Zhuang font l'objet d'une étude sérieuse, mais non dénuée d'humour, qui incite à la réflexion et  nous fait voyager dans le monde chinois - plus particulièrement dans celui du sage chinois ayant fait le choix de la liberté, laquelle est intimement liée à la compréhension du Dao (ou Tao), c'est-à-dire au principe naturel réglant la vie et l'univers.

 

 Jean Lévi, Tchouang Tseu, maître du tao

Dans ce livre, Jean Lévi imagine sept portraits de Tchouang Tseu à partir de la traduction de son oeuvre. Un procédé subtil et séduisant qui nous fait pénétrer un peu plus dans ce classique de la pensée taoïste.

Propos de l'éditeur Flammarion (Pygmalion) : Tchouang Tseu Maître du Tao Tchouang Tseu est le penseur le plus profond et le plus singulier que connut la Chine au cours de sa longue histoire. Il est un des maîtres du taoïsme. Il vécut au IVe siècle avant notre ère dans un monde de bruit et de fureur. Condamnant avec des accents à la Jean-Jacques Rousseau toute autorité, toute hiérarchie, toute vie en société, il en vint à prôner la fusion dans la totalité indivise du monde. De la vie de ce penseur erratique, nous ignorons presque tout. Plutôt que de reconstituer une existence qui ne pourrait être qu'arbitraire, Jean Lévi met en scène sept vies, toutes plausibles, toutes rêvées, en s'appuyant sur les plus importants passages de son oeuvre dont il donne une nouvelle traduction. Avec son exceptionnelle faconde de romancier et sa connaissance de la Chine qui font de lui un des plus éminents sinologues, Jean Lévi réussit ce qui n'avait jamais été tenté auparavant : rendre Tchouang Tseu vivant à travers toutes ses facettes possibles.

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