Confucius

Jean Lévi, Confucius, éditions Albin Michel, collection Spiritualités vivantes

Nous retrouvons le sinologue Jean Lévi qui consacre cet ouvrage au penseur chinois le plus connu. Dans son avant-propos, l'auteur indique pourquoi il ne s'était guère intéressé à l'oeuvre de maître Kong (en chinois, Confucius se dit kǒng zǐ 孔子 et signifie maître Kong) alors que ce penseur fait partie de la culture universelle : " Une école qui me semblait dispenser moins une sagesse qu'un conformisme social n'était pas faite pour me séduire. Enclin à penser avec Flaubert que les honneurs déshonorent, le titre dégrade et la fonction abrutit, je considérais sans beaucoup de sympathie le postulat confucéen que toute éducation vise avant tout à former les hommes aux responsabilités gouvernementales. En revanche le taoïsme m'attirait. J'aimais l'outrance libertaire et radicale de Tchouang Tse qui, déniant toute légitimité aux institutions sociales, prônait le retour à la vie sauvage. [...] Je suis donc resté aux frontières de la tradition chinoise, ne m'intéressant qu'à ses marges. Rôdant toujours à la périphérie, sans m'aventurer en son centre. Mais pour reprendre la belle expression du Miroir de la Pure Vacuité du célèbre moine tch'an Jou-lien "le détour est l'accès" : alors que je croyais en être le plus éloigné, je retrouvai les sources vives du confucianisme. En effet, en me penchant sur la critique taoïste de la transmission du rite au moyen du discours, je découvris que tout en s'en démarquant, Tchouang tse s'inscrivait dans le droit-fil de la pratique du Maître. Il en subvertissait d'autant mieux les fondements qu'il les avait assimilés. Tchouang tse dressait le réquisitoire du confucianisme au nom même de ses principes les plus fondamentaux. Ainsi, le mystère se dissipait de lui-même. Il n'y avait plus d'énigme ; simplement une méprise. On cherchait la sagesse de Confucius là où elle n'était pas : dans les mots et non dans les gestes."  

 

 

La pensée de Confucius (551-479 av. J.-C.) a profondément marqué la civilisation de la Chine, du Japon, de la Corée et du Vietnam. Malgré les aléas de l'histoire, son influence y est encore prépondérante.
Très attaché aux valeurs anciennes et au maintien des rites, le philosophe vécut à une époque troublée qui voyait plusieurs États rivaux se déchirer. Ses principes philosophiques et éthiques, recueillis par certains de ses disciples, eurent une grande influence sur ses contemporains.
Grand connaisseur de l'Orient, Jean Levi nous offre ici un portrait inspiré du sage.
Il nous dévoile avec clarté l'originalité et la puissance de sa pensée. La valeur des rites, le respect de la nature, l'importance de l'humour, le rôle de la danse et de la musique sont autant de messages qui ne peuvent que fasciner des lecteurs occidentaux. Les citations et anecdotes qui émaillent le texte restituent la chaleureuse humanité d'un maître qui préférait enseigner par l'exemple que par la parole.
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