Ethique, morale, attitude dans les arts martiaux

Parmi les gens qui pratiquent les arts martiaux se rencontrent des comportements bien différents, et ce malgré des références à des principes supérieurs affichés comme communs à tous... Or, des frimeurs et des profiteurs, il y en a partout, même si les salles d'arts martiaux sont souvent tapissées d'affiches sur lesquelles sont inscrits "humilité", "solidarité", "amitié", et j'en passe.

 

Nous sommes dans une époque où le spectacle est roi et l'égoïsme - dans un curieux paradoxe - est la chose la mieux partagée du monde ! La pratique des arts martiaux a pour but de rendre l'être humain plus fort, ou moins faible. Cette force n'est pas seulement la capacité de se battre. C'est aussi la capacité de surmonter des épreuves. Cette force concerne donc aussi bien le corps que l'esprit et la santé. Un pratiquant d'arts martiaux devrait être capable de se défendre (ou parfois de fuir - en tout cas d'éviter le combat -  s'il n'y a pas d'autre solution...). Et pas seulement contre les agressions d'autres êtres humains, mais aussi contre les agressions "environnementales" (pollutions diverses, maladies, etc.), et donc de faire preuve d'une force mentale apte à fournir la sérénité nécessaire même dans les pires moments.

Quand les arts martiaux se transforment en sports de combat, les choses changent quelque peu. Qui dit sport dit compétition, et de la compétition à la rivalité il n'y a qu'un pas. Bien sûr, il ne s'agit pas de généraliser à outrance : le fair-play, le respect, l'ouverture d'esprit sont des choses partagées par de nombreux sportifs. Il n'en reste pas moins que d'autres souhaient être les meilleurs, quittent à tricher, à s'arranger avec les règles et ceux censés les faire respecter.

Le sport de compétition, c'est aussi l'exhibition de soi-même. Donner à voir des images, quand bien même celles-ci recouvrent ou camouflent une triste réalité. D'ailleurs, nous rencontrons le même écueil lorsque les arts martiaux se mélangent avec le cinéma. Les trucages divers, les effets spéciaux jouent avec la réalité au point parfois d'influencer les esprits les plus faibles. Dans ce monde de spectacle, la différence entre imaginaire et la réalité quotidienne s'estompe souvent. De là, les moindres désirs deviennent des caprices à réaliser tout de suite... Le spectacle, c'est aussi le star système : devenir champion ou vedette, le rêve de beaucoup... L'image, toujours l'image... Alors l'éthique, la modestie, le respect des autres... C'est à croire qu'une seule alternative existe : dominer ou se soumettre, écraser les autres ou se faire écraser. Mentalité de médiocres à l'aise dans leurs absurdes certitudes.

 

Pour autant, il n'y a pas à opposer à ce lamentable spectacle une morale de fer. D'abord parce que depuis le temps, chacun peut constater l'impuissance d'une telle méthode. Ensuite, parce que justement le spectacle recycle très bien ce genre de chose pour son plus grand profit. Vous en connaissez beaucoup des sportifs qui disent haut et fort que ce qui les intéresse c'est le fric, la gloire et qu'il n'ont rien à foutre des autres ?

 

Non, l'histoire de la pensée chinoise et des arts martiaux nous montre une autre voie : la pratique pour soi et pour ceux avec qui nous nous lions. Jadis on parlait de clan, de secte, de communauté. Autant de mots dont le sens a été galvaudé. Il s'agit pourtant ni plus ni moins de s'allier pour pratiquer ensemble, pour partager et échanger ce qui permet justement d'être plus fort, mais pas LE plus fort, pas plus fort que les autres. Cela est possible, sans gourou, sans tomber dans les mirages contemporains ou  anciens, sans perdre sa santé et son intelligence.

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